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Autoportait

La cabine de Photomaton dans l'art

Les cabines Photomaton apparaissent au cinéma en 1936 dans le film de Maurice Tourneur Samson. Elles tiennent également une place importante dans le film de Jean-Pierre Jeunet, Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. Il a aussi donné son nom à une transformation mathématique qui appartient à la catégorie des transformations bijectives d'images.

En 1996, le photographe de guerre français Luc Delahaye rassemble des clichés issus de cabines Photomaton de sans-abris, rencontré dans le métro parisien, dans un ouvrage intitulé Portrait (Éd. Sommaire 1996, 15x12 cm. 32 p.). Ces photographies ont été exposées dans le cadre de l'exposition Pauvre de Nous à l'Hôtel de ville, la même année.

Roland Topor, Willy Michel David (Dave) Heath, Billy Childish ou Andy Warhol se sont servis du Photomaton dans leur art.

Le Photomaton a joué une grande place dans la créativité des artistes surréalistes. Souvent placées dans les stations de métro, les cabines photos peuvent être considérées comme une zone intermédiaire entre l’espace public et l’espace privé. Le procédé Photomaton étant quelque chose d’immédiat, il était pour l’époque un moyen idéal et peu onéreux pour se confronter avec son image, son identité. La question du hasard entre aussi en compte pour les surréalistes. On peut y voir un parallèle entre ce mécanisme et l’écriture automatique, ainsi qu’exploré par le groupe d’artistes mené par André Breton. Comme si le Photomaton était une version visuelle et photographique d’un mode littéraire.

Une des œuvres les plus connues des surréalistes utilisant ce procédé est le photomontage réalisé par André Breton pour les dernières publications de la revue de « La révolution surréaliste » sortie le 15 décembre 1929. Sur cette image, on voit une peinture de Magritte nommée « Je ne vois pas la femme cachée dans la forêt.» encadrée de 16 images photomatons, regroupant des portraits réalisés les yeux fermés par le groupe surréaliste. On peut y reconnaître notamment Alexandre, Aragon, Breton, Buñuel, Caupenne, Eluard, Fourrier, Magritte, Valentin, Thirion, Tanguy, Sadoul, Nouqué, Coemans, Ernst, et Dalí.

La question de l’identité est au centre des préoccupations des artistes utilisant le Photomaton. Dès son apparition, les surréalistes l’emploient comme un système de psychanalyse par l’image. Ainsi d’autres artistes emboîtent le pas comme dans les portraits de Cindy Sherman, ou ceux de l’artiste israélien Alain Baczynski qui, entre 1979 et 1981, se prenait en photo après chaque séance de psychanalyse dans le but de compléter cette séance par l’image.

En parallèle, on peut évoquer l’artiste JR qui réinvente en quelque sorte le médium en créant une cabine mobile qu’il utilise pour ses actions urbaines à travers le monde.

Sur cette image, on voit une peinture de Magritte nommée « Je ne vois pas la femme cachée dans la forêt.» encadrée de 16 images photomatons, regroupant des portraits réalisés les yeux fermés par le groupe surréaliste. On peut y reconnaître notamment Alexandre, Aragon, Breton, Buñuel, Caupenne, Eluard, Fourrier, Magritte, Valentin, Thirion, Tanguy, Sadoul, Nouqué, Coemans, Ernst, et Dalí.

Aujourd'hui l'autoportrait est un vaste domaine de la photographie aux possibilités infinies, boosté par les innovations techniques au service des photographes.

Par définition un autoportrait est un portrait de soi-même. Mais faut-il être beau sur un autoportrait ? Certains physiques sont avantagés plus que d'autres, la fameuse photogénie. Les autoportraitistes ne semblent pas tourmentés par cette question. Ils ne cherchent pas non plus à être reconnus. Ils sont le sujet avec lequel ils jouent.l'autoportrait n'est pas une reproduction mais une interprésentation. A ce titre tout est permis, rien n'est formaté.
On a beaucoup dit sur la dimension psychologique, voire psychanalytique de l'autoportait. Le mythe de Narcisse, la recherche de soi... Mais il semble que les autoportraitistes ne s'embarassent pas de ces interrogations métaphysiques. Il est plutôt question d'art et de créativité.



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