Les métiers à la tire
Nous ne présentons ici que les métiers à la tire connus à Lyon.
Métier de Jean Le Calabrais
Le premier métier à la petite tire qui pénétra en France vers 1470, d'abord à Tours sous Louis XI, puis à Lyon un peu plus tard, fut un métier provenant d'Italie. On l'appelle aussi métier à boutons parce que les cordes de rame permettant de lever les fils de chaîne se terminaient par des boutons ou manettes en bois.Sur ce métier, on ne pouvait tisser que de petits dessins, à cause du nombrere streint de boutons.
Métier de Claude Dangon
Pour remédier à cet inconvénient et permettre le tissage de dessins de grande dimension, Claude Dangon, ouvrier tisseur, inventa en 1620 un métier dit à la grande tire qui comportait 2400 cordes au lieu de 800.
Ce métier emprunte au précédent les cordes de rame et le cassin, mais les cordes de lisage sont remplacées par un semple, des lacs et des gavacines.
Ce système nécessite l'emploi de deux personnes, l'une pour tirer les lacs, l'autre pour tisser. C'est le métier qui sera le plus utilisé à Lyon pendant un siècle et demi, jusqu'à la mise au point de celui de Philippe de Lasalle.
Métier de Galantier et Blache
En 1687, Galantier et Blache inventent un métier dit à la petite tire qui reprend le principe du métier de Jean le Calabrais, mais en lui apportant quelques améliorations.
Les boutons, au lieu d'être disposés devant le tisserand et actionnés par lui, sont placés sur l'un des cotés du métier.
Cette nouvelle disposition permet l'emploi d'un tireur de lacs.
Métier de Basile Bouchon
En 1725, Basile Bouchon utilise pour la première fois sur un métier à tisser, le papier perforé.
Celui-ci supprime la complication du semple, des cassins, lacs et gavacine.
Ce système, repris et modifié par Falcon, sera à la base de l'invention de la mécanique Jacquard.
Le rôle du tireur de lacs se borne ici à dérouler le papier en l'appliquant contre les aiguilles.
On l'appelle alors repousseur d'aiguilles.
Malgré ses avantages, le métier de Basile Bouchon n'eut pas beaucoup de succès.
Le nombre d'aiguilles n'était pas assez élevé pour permettre le tissage de grands dessins.
Métier de Falcon
Vers 1728, Falcon reprit cette invention pour la modifier et l'améliorer.
Il disposa plusieurs rangs d'aiguilles et de crochets au lieu d'un seul et remplaça le papier par des rectangles de cartons laçés ensemble.
Métier de Vaucanson
C'est en 1744 que Vaucanson imagina pour la première fois un système qui supprimerait le tireur de lacs.
Il reporta la mécanique en haut du métier et la relia à une pédale unique, placée sous le tisserand.
Mais il eut tord d'abandonner le système de la chaîne sans fin de cartons perforés de Falcon, pour le remplacer par un cylindre recouvert d'une bande de papier.
L'invention de Vaucanson n'eut pas plus de suite que les précédentes et tomba vite dans l'oubli.
Mais il est certain qu'elle tracera la voie à Jacquard, tout comme celle de Falcon.
Métier de Ponson
En 1775, Ponson imagina un métier dit à accrochages qui permettrait de tisser alternativement deux armures, par la simple manoeuvre de deux cordes, et sans que l'ouvrier n'ait à bouger de son banc.
Métier de Philippe de Lasalle
La même année, Philippe de Lasalle présenta son métier à la grande tire qui apporta de grands perfectionnements au métier à la tire traditionnelle.
Créateur de tissus façonnés, il avait besoin de réaliser des motifs de grandes dimensions.
Il rendit le semple indépendant et interchangeable, ce qui lui permettait de réaliser des motifs de plus grande étendue en hauteur en remplaçant plusieurs semples les uns après les autres.
Métier de Verzier
En 1798, Verzier inventa un métier dit à ligatures, une des dernières inventions faite savant la mécanique Jacquard qui allait révolutionner l'industrie du tissage au XIX° siècle.
©Philippe DEMOULE