Photo Philippe Demoule 

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Au début, Ferdinand est un simple facteur... 

 

En ce matin d'avril 1879, il commence sa tournée. Comme chaque jour, il parcourt à pied une bonne trentaine de kilomètres avant de regagner la Poste de Hauterives. Entre son domicile et la bourgade de Tersanne, la route est longue, difficile, jalonnée de cailloux. Cette fois, Ferdinand Cheval est plus pressé que d'habitude. Il se sait attendu, guetté par les gens du pays. Encore un pas et le voici à l'autre bout des collines. Encore un geste et le voilà près d'un second carrefour. Sous ses yeux, quelques arpents de vignes, un ou deux murets de pierres sèches, des mares peuplées d'insectes. Ailleurs, ce sont des kilomètres de détails à décrire, des broussailles à n'en plus finir, des aplats de lumière sur des bandes de terres grises. A cet instant, Ferdinand Cheval ne se pose plus de questions. Il avance droit devant lui, toujours un peu plus vite, toujours un peu distrait par la fraîcheur su sous-bois. Soudain son corps bascule. Son pied trébuche sur une minuscule pierre, un écueil qui semble tout droit sorti de terre et qui s'accroche à sa chaussure. En se baissant, Ferdinand remarque que d'autres pierres, tout aussi étranges,gisent à même le sol. Intrigué, il se saisit de ce premier trophée, l'enveloppe dans un mouchoir de poche et se promet de poursuivre au plus vite cette chasse aux trésors... 

  

Dès ce jour, le facteur Cheval n'est plus tout à fait le même. Il ne se soucie plus de l'urgence de ses tournées, du courrier qu'il faut trier, oblitérer et remettre à chaque destinataire. Il ne se préoccupe plus du poids de sa besace, de ses haltes successives dans les bourgades avoisinantes. Désormais il ne se passe pas une heure sans qu'il ne fasse sa provision de cailloux. La cueillette se poursuit parfois jusque tard dans la nuit. Petit Poucet rêveur, Ferdinand n'a plus conscience du temps qui passe. Matin et soir, il arpente les routes de campagne. Il détaille les talus qu'il creuse à mains nues. Il examine le sable de rivière, les silex couleur d'aquarelle, les micas étincelants de soleil. Peu à peu, ses idées se précisent. Il ne sera pas un simple colporteur et ne se contentera pas de ses trouvailles à travers champs, mais fera aussi, à sa manière, œuvre de bâtisseur. 

  

- Que vas-tu faire de toutes ces pierres ? 

- Un palais. 

- Si tu le dis... 

- Oui et tu n'as encore rien vu ! 

  

Je vous conseille le récit passionnant de la vie du facteur Cheval ... 

Photo Philippe Demoule 

 

 

Situé à Hauterives dans la Drôme, le Palais idéal du facteur Cheval (1836-1924) est un monument de l'Art brut. 

  

Mais qui était ce facteur Cheval, et qu'a-t-il fait ?  

  

Ferdinand Cheval est né en 1836 dans le village de Hauterives où il exerça les métiers de garçon boulanger, commis-voyageur puis enfin facteur.  

  

Solitaire, rebelle aux idées reçues, fasciné par l’Égypte ancienne,  les temples hindous et les divinités grecques.