Inventé par Alain Bourbonnais le néologisme « La Fabuloserie » rend compte du caractère féérique et merveilleux du musée. Le terme de « La Fabuloserie » désigne également la collection des petits cahiers à grand spectacle et les court-métrages réalisés par Alain Bourbonnais et consacrés aux créateurs de l’art hors-les-normes. 

Aventure familiale, La Fabuloserie est dirigée par Alain et Caroline Bourbonnais de 1983 à 1988. À la suite du décès d’Alain Bourbonnais, sa femme continuera à faire vivre le musée jusqu’en 2014.  Depuis, leurs deux filles, Agnès et Sophie Bourbonnais, assurent la direction du musée. Un nouveau cycle d’expositions temporaires collectives et/ou monographiques, initié par Déborah Couette, renoue avec les projets imaginés par Alain Bourbonnais. 

La Fabuloserie 

 

 

 

 

La Fabuloserie est un musée privé ouvert au public depuis 1983. Situé à Dicy, dans l’Yonne, l’espace a été aménagé par Alain Bourbonnais pour accueillir sa collection d’art hors-les-normes. 

La collection réunit plus de mille créations réalisées par des artistes autodidactes apparentés à l’art brut. Conçue comme un véritable cabinet de curiosités, La Fabuloserie se compose de deux espaces : la « maison-musée » et le « jardin habité ». Le premier, la « maison-musée » expose notamment des peintures et dessins de Yanko Domsic, Philippe Dereux, Philippe Mahaut et Franz Ringel ; des sculptures et assemblages d’Emile Ratier, Simone Le Carré  Galimard et aussi la Tribu des Turbulents d’Alain Bourbonnais lui-même. Le second, le « jardin habité », musée de plein-air, présente les sculptures d’habitants-paysagistes comme Camille Vidal, Jules Damloup, mais aussi les girouettes de Jean Bertholle et l’étonnant manège de Petit Pierre. 

  

Architecte, créateur, Alain Bourbonnais (1925-1988) est aussi collectionneur. Lorsque Jean Dubuffet annonce en 1971 qu’il donne sa collection de l’Art Brut à la Suisse, Alain Bourbonnais souhaite poursuivre l’aventure en France. En 1972,  il ouvre avec sa femme Caroline, une galerie d’art hors-les-normes à Paris rue Jacob. Baptisée « L’Atelier Jacob », cette galerie présente le travail de créateurs se situant « sous le vent de l’Art Brut ». 

Soutenu par Jean Dubuffet, qui lui communique une liste de noms de créateurs, Alain Bourbonnais entre également en contact avec d’autres collectionneurs tels qu’Alphonse Chave et Claude Massé. La galerie attire des artistes singuliers tels que Jano Pesset, Pascal Verbena, Flèchemuller et Michel Nedjar. 

  

Tout au long des dix années d’existence de l’Atelier Jacob de nombreuses expositions monographiques et collectives sont organisées. Bien que l’Atelier Jacob soit un espace d’exposition et de vente, la galerie est aussi un lieu de rencontres où se forme et se développe la collection privée d’Alain et Caroline Bourbonnais. Collectionneur plus que marchand, Alain Bourbonnais participe à la valorisation et à la diffusion de l’Art hors-les-normes en collaborant à des expositions d’envergure. 

La Fabuloserie 

  

Dès 1979, à l’occasion de l’exposition Outsiders, Alain Bourbonnais ressent le besoin d’exposer sa collection dans un musée et de clôturer l’aventure de l’Atelier Jacob. La galerie parisienne ferme ses portes au public en 1982 tandis que La Fabuloserie sera inaugurée l’année suivante, en 1983, dans un cadre champêtre. Selon le critique d’art et ami d’Alain Bourbonnais, Michel Ragon : « L’Atelier Jacob a été le banc d’essai qui a permis de réaliser ce qui est son aboutissement naturel, la Fabuloserie de Dicy-Yonne ».