Photo Philippe Demoule 

  

J'ai pris cette photo à plusieurs dizaines de mètres à l'aide d'un puissant téléobjectif. 

Je ne connais pas cet homme mais j'ai lu sur son visage une poignante solitude. 

Je ne sais pourtant rien de ses sentiments... 

Photo Philippe Demoule 

  

Nul besoin d'une mise en scène élaborée pour déclencher une émotion... 

La photographie humaniste en un mot. 

 

La photographie humaniste ne doit pas être confondue avec la photographie de photojournalisme, même si le terrain d'action est le même. Elles sont non seulement différentes, mais aussi foncièrement en opposition. 

  

Là ou le photojournalisme cherche à montrer le sensationnel, l'exceptionnel, l'inhabituel, la photographie humaniste traite du quotidien des gens anonymes, dans leurs activités simples, banales et ordinaires. 

  

C'est l'universalité humaine profonde qui sort de l'ombre et émerge aux yeux de tous. 

 

 

Il s'agit de capter un moment tendre, une situation drôle, émouvante ou douce de ce qui se passe autour de soi. 

  

Les personnages présents sur ces photos ne sont pas les vedettes. Leur présence est capitale mais ils sont interchangeables, dans la mesure où ils restent anonymes, ne font que servir la scène ou la situation. En dehors du contexte, on ne s'y intéresserait jamais. 

Photo Philippe Demoule 

 

 

J'ai fait cette photo à Arles dans une rue déserte où seul un jeune garçon d'une dizaine d'années était assis sur le bord du trottoir, tournant le dos à mon objectif. Cette vision me touchait déjà. Soudain un triporteur vint s'inscrire inopinément dans le décor. A l'arrière du triporteur était affichée un poster grand format d'un nu de Lucien Clergue destinée à promouvoir une exposition du photographe au musée Réattu. Soudain la force de cette photo a décuplé... 

  

Le fameux instant décisif d'Henri Cartier-Bresson.